dimanche 4 octobre 2009

Une lettre préparée il y a 3 ans

Oui, je viens de retrouver cette "lettre" préparée il y a 3 ans, le 1er Octobre 2006...
Je l'avais intitulée "Lettre de Famille".
La voici telle qu'elle, telle que je l'avais écrite à l'époque.
Je trouve qu'elle va bien avec notre blog.
............................................

Chers vous,

Je vous écris "à la machine" plutôt que "à la main", car ce sera plus facilement lisible.
Pourquoi vous écris-je maintenant?

Pourquoi ce long silence, comme une absence?

Paresse?
Gêne?
Peut-être. Plus on attend...

Manque de temps?
On peut toujours trouver le temps pour les gens qu'on aime.

Alors manque d'amour, indifférence?
Non, bien sûr.

Honte, peut-être un peu, de vous avoir en quelque sorte "laissé tomber".

Mais je pense à vous souvent. Parfois plus, parfois moins bien sûr.
Et une petite voix me reproche de ne pas me manifester.

La famille.
Groupe plus ou moins uni - ou séparé... - par l'éducation, les idées, une culture commune d'histoires personnelles racontées et "passées" aux autres comme légendes qui prendront plus tard une vie propre...
Si la communication régulière n'est pas maintenue, c'est une lente dérive, un éloignement progressif et le temps "vide" s'accumule, devient de plus en plus difficile à "percer" (du vide qui s'accumule... moins que rien c'est toujours rien comme disait Raymond Devos).

Les enfants grandissent, deviennent indépendants.
Déchirement moins brutal que le premier jour d'école ou de jardin d'enfant.
Mais plus profond, et qui dure.

Ce n'est pourtant rien à côté de la mort, du départ "pour toujours" vers ces rivages d'où on ne revient pas, mais où nous allons tous.

Un départ me rend toujours triste, et j'ai envie de pleurer quand je suis celui qui reste, alors que celui qui part va vers quelque chose de différent, de nouveau peut-être ou de familier.

C'est la personne qui part qui "agit". Quand je pars, après le chagrin de la séparation, je pense à ce qui m'attend, à ce que je vais faire, voir, rencontrer... et tout cela occupe mon esprit.
Quand je reste, je me sens tout vide.
C'est alors bien facile (et aussi bien futile) de ressasser les bons moments passés qui ne sont plus, les paroles que l'on aurait voulu dire -ou ne pas dire-, de se complaire dans la tristesse qui tourne sur elle-même.

La dépression, c'est un serpent qui se mord la queue et s'empoisonne lui-même!

Mais on se dit, comment pouvoir attendre le futur, alors que l'absence le rend vide?
C'est l'absence et le vide qui font mal.
Ceux qui n'ont plus de mémoire ne souffrent donc pas? Et pourtant...


Aucun commentaire: